top of page

送信ありがとうございました

S’effacer pour exister : la tragédie de l’identité dans NANA

  • il y a 21 heures
  • 3 min de lecture

Ici Ren.

Vous est-il déjà arrivé de vous sentir soudainement invisible parce que votre téléphone ne vibre plus ?

Ce petit nœud à l'estomac qui apparaît quand une réponse tarde à venir, cette peur irrationnelle d'avoir fait quelque chose de mal, ou pire, d'être devenu indésirable...

C’est cette angoisse singulière, cette sensation que notre propre existence perd sa substance dès que l'autre ne réagit plus.

En réalité, c’est exactement ce que vivait Nana Komatsu (Hachi) dans le manga *NANA*.

Aujourd'hui, j'aimerais analyser à quel point Hachi s'est perdue elle-même. En essayant de quantifier son « taux d'effacement de soi », nous allons tenter de mettre à nu la véritable nature de sa tragédie.

L'imitation : le point de départ de l'effacement de soi

Au début de l'histoire, dans le premier tome, lorsque Hachi rencontre Nana à Tokyo, son « taux d'assimilation » est d'une intensité frappante.

Le style, le langage, la manière de vivre... Hachi cherche à copier Nana, son modèle, à la perfection.

« Je veux être comme Nana. »

Cette simple phrase résume tout son être.

Et au fond, n'est-ce pas quelque chose de très commun ?

Sur les réseaux sociaux, nous achetons les vêtements de l'influenceur à la mode, nous adoptons ses goûts pour nous sentir proches de lui. Nous calquons nos valeurs sur celles des autres pour combler le vide de la solitude. Parce que nous manquons de « substance » propre, nous tentons de nous construire de force en absorbant l'éclat de l'extérieur.

Dans l'œuvre, cela ressemble à de l'admiration. Mais dans la réalité, c'est un processus où l'on sacrifie son propre moi pour créer un clone de l'autre. À cet instant précis, son « taux d'effacement de soi » dépassait déjà les 30 %.

L'indice de fluctuation émotionnelle : dépendre du regard de l'autre

Le deuxième point à observer est son « indice de fluctuation émotionnelle ». C'est la mesure de la façon dont son humeur oscille au gré des messages ou de l'attitude d'autrui.

Regardez son comportement vers le troisième tome, alors que les liens se tissent.

Dès qu'elle se sent « nécessaire » aux yeux de Nana ou de son entourage, son bonheur atteint des sommets. Mais au moindre signe de froideur ou au moindre silence, elle sombre instantanément dans l'abîme.

C'est le portrait craché de notre époque, prisonniers des « vues » sur LINE ou des « likes » sur Instagram. Sans cette validation externe, nous sommes incapables de mesurer notre propre valeur. Si l'autre sourit, nous nous sentons précieux ; si l'autre s'éloigne, nous nous sentons insignifiants.

Plus cette fluctuation est violente, plus nos fondations s'ébranlent. Car le pilier qui nous soutient n'est plus notre propre volonté, mais la réaction d'autrui.

Le vertige de l'abandon de soi : un taux de perte d'identité à 90 %

Au fil du récit, le « taux de perte d'identité » d'Hachi atteint une zone de non-retour. Elle s'abandonne à l'autre, s'imprégnant de son mode de vie et de ses valeurs.

Prenez sa relation avec Takumi, par exemple.

Elle ne prend plus de décisions par elle-même ; elle agit selon les convenances, l'ambiance du moment, ou par la peur viscérale de le perdre. À partir du tome 10, son regard devient vide, comme si l'étincelle de sa propre existence s'était éteinte. Ce n'était pas un simple artifice de narration.

« Je n'existe que les instants où je me sens nécessaire à quelqu'un. »

Penser ainsi est la preuve ultime qu'il ne reste plus assez de force intérieure pour agir par soi-même. À force de trop scruter le visage de l'autre, elle en est venue à ignorer ses propres désirs, ses propres besoins, jusqu'à l'oubli de ses propres goûts.

À ce stade, son taux de perte d'identité dépasse probablement les 90 %. Les 10 % restants ne sont que la peur pure, presque instinctive, de ne pas être rejetée.

On ne s'effondre pas par manque d'amour, mais par excès de sacrifice

Finalement, pourquoi finit-on par se briser alors que l'on cherche l'amour ?

La réponse n'est pas qu'il manquait d'amour. C'est que, pour combler le vide, nous avons trop offert notre propre identité comme une simple matière première.

Le mécanisme de la douleur vécu par Hachi est le suivant : pour masquer le vide, elle a tenté de se recouvrir des couleurs des autres. Mais plus on peint par-dessus, plus la couleur d'origine s'efface, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien.

Il serait dommage de ne voir dans cette œuvre qu'un simple drame romantique. C'est, en réalité, une mise en garde cinglante pour nous tous, qui risquons chaque jour de perdre nos propres contours.

Ne laissez jamais personne repeindre votre propre identité.

C'est la seule chose qu'il ne faut absolument pas oublier.

Commentaires


Retourner en haut

Cliquez ici pour demander votre abonnement à la newsletter

送信ありがとうございました

© 2035 TheHours. Créé sur Wix.com.

bottom of page